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Révolution et contre-révolution en Tunisie


Affrontements à Tunis, le mouvement reconquiert l’avenue Bourguiba



Durs affrontements dans le centre de Tunis entre les manifestants et la police qui fait un usage extensif des gaz lacrymogènes, en chargeant le très nombreux cortège. Il semble que quelques militants du syndicat UGTT et des membres de la société civile et des parties de la gauche radicale (comme Hamma Hammami, du Parti des travailleurs tunisiens), aient été sauvagement tabassés et puis arrêtés. Le rendez vous était à 10 heures sur l’avenue Mohamed V avec l’objectif de se diriger vers l’Avenue Bourguiba interdite à la manifestation par ordre du ministère de l’Intérieur. Ce dernier, profitant du show monté le 28 mars par les factions salafites dans le centre ville avait promulgué une interdiction de manifester sur l’Avenue Bourguiba, décision contestée par les mouvements de lutte qui depuis le début on tenté de repousser la provocation conjointe des salafites et de la police.

Samedi 7 avril, un grand rassemblement organisé par la Coordination des diplômés chômeurs a été attaquéepar les forces de l’ordre qui, à coups de matraques et de lacrymogènes avaient réussi à chasser du centre (après une longue résistance) les chômeurs en lutte. Cela faisait des semaines que la répression s’exerçait contre l’Association des martyrs et des blessés de la révolution qui plusieurs fois avait tenté de s’approcher du Ministère des droits de l’homme pour faire entendre ses raisons contre un ministre qui, depuis qu’il a pris ses fonctions, au-delà de quelques futiles sorties médiatiques, a répondu en ordonnant des tabassages et des provocations policières contre l’association.

Bref, la mesure était comble pour la rue tunisoise qui, ces dernières heures, a recommencé à se battre au cri de « le peuple veut la chute du régime ! », « vive la Tunisie, vive les Martyrs ! », « non à la nouvelle dictature, il faut une nouvelle révolution ». Mais le slogan qui aujourd’hui prend une valeur vraiment importante pour la Tunisie post-Ben Ali est celui qui dit : « le peuple tunisien est un peuple indépendant, nous ne voulons ni le Qatar, ni les USA », le 9 avril est en effet la date qui rappelle les martyrs tunisiens de la lutte anti-coloniale contre les français, une date aux très forts échos politiques qui aujourd’hui est intelligemment reprise par le mouvement tunisien contre ces pays qui, à travers des politiques de dette et d’investissement (orienté vers le lobby affairiste des factions islamistes plus ou moins modérées), sont en train de tenter de confisquer la révolution à une Tunisie aux prises avec un fragile thermidor islamiste.

En ce moment même (lundi 9, 13h01, NDT), nous apprenons que les affrontements sont en train de s’étendre aux quartiers limitrophes de Tunis, avec le prolétariat juvénile de ces zones qui s’emploie à prêter main-forte comme toujours au mouvement révolutionnaire. C’est la même rue qui, il y a juste un an, a imposé le « game over » au rais Ben Ali et qui recommence à bouger pour débrancher directement cette machine perverse d’un régime qui par le biais d’élections-bidons et des déguisements d’islamisme modéré, croyait pouvoir recommencer à voler impunément le peuple tunisien. Le 9 avril, en Tunisie, n’est plus aujourd’hui un anniversaire rhétorique mais est en train de devenir barricade sur barricade, pierre su pierre, slogan après slogan, une journée de la révolution, de  notre révolution globale contre l’1% du vieux régime…

Traduit de Infoaut

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